Atelier d’écriture #4 – Une photo, quelques mots

Me revoilà avec une nouvelle participation à l’atelier de Leiloona !

La photo est très intéressante et je me suis essayée au dialogue : un exercice qui m’est difficile !

J’ai hâte de découvrir les œuvres des autres participants !  🙂

© Romaric Cazaux

© Romaric Cazaux

 

Cela avait encore été une rude nuit, passée à l’intérieur des voitures de patrouille. L’hiver avait attaqué New York de manière brutale et avait tout recouvert d’un épais et indomptable tapis blanc. Les routes avaient été dégagées, de manière à laisser circuler les véhicules de secours. Exceptés les pompiers et les forces de l’ordre, nul n’avait le droit d’utiliser les voies praticables. Les New-yorkais suivaient les recommandations émises via la radio et les chaînes de télévision. Il y a quelques jours de cela, ils s’étaient tous rués dans les magasins d’alimentation générale et dans les supermarchés afin de constituer leur réserve de nourriture. On ne savait pas combien de temps cette vague de froid allait durer. Il fallait tenir le coup.
Il y avait peu de gens dans la rue le soir et pendant la nuit. Cependant, en journée, et malgré les basses températures, les gens sortaient pour profiter de la neige et voir les enfants s’émerveiller dans un Central Park immaculé et comme figé dans le temps.

John et Ethan étaient chargés de surveiller les rues commerçantes cette nuit-là. En effet, quelques téméraires avaient eu l’idée de casser des vitrines afin de voler du matériel et des biens. Les forces de police étaient donc sur place afin de pallier les cambriolages et les « destructions de biens publics ».

Quant à Joshua et Christopher, ils avaient dû faire des rondes dans les quartiers populaires afin de venir en aide aux sans-abris. Ils coopéraient avec les pompiers, des organismes sociaux et des associations afin de les mettre au chaud et les préserver de ce froid assassin. Ce travail d’équipe leur permettait d’intervenir rapidement et efficacement. Les membres des associations de quartier connaissaient bien les lieux et les « spots » où se réunissaient les plus démunis.

Les rondes de nos quatre compères n’avaient pas été une mince affaire. La neige tombait sans cesse et réduisait encore plus leur visibilité, déjà mise à mal par la noirceur de la nuit et les lampadaires qui cessaient de fonctionner dans certains lieux. Les restaurants de quartier où ils avaient pour habitude de s’arrêter pour prendre un café et un repas chaud, étaient fermés. Malgré leur uniforme « d’hiver », ils étaient frigorifiés à l’intérieur des voitures. Ils n’avaient cessé de se plaindre par échange radio.
Finalement, à l’aube, ils avaient décidé de se retrouver devant le poste de police, afin de plaisanter et oublier cette sale période.

« Bon sang! Quelle nuit!, lança Christopher en voyant arriver vers lui Ethan et John.

– Ouais, ça n’a pas été une partie de rigolade!, répondit John. On a dû sortir de la bagnole pour courir après deux p’tits cons…N’empêche qu’ils sont malins ! Ils sont montés sur un monticule de neige pour atteindre la fenêtre d’un appartement inoccupé !

– Nous, les SDF nous ont reçus avec des boules de glace! Il fait tellement froid que les boules de neige sont gelées!, s’exclama Joshua.

– Il s’en est pris une grosse dans la cuisse droite, ajouta Christopher, le sourire aux lèvres. Vous auriez dû le voir, un vrai bébé…c’était à la fois douloureux et tordant à voir!

– Ne fais pas le malin, Chris ! Je te rappelle que tu as pleuré comme un enfant quand tu t’es pris une balle de baseball dans le ventre il y a deux ans, au match Pompiers versus Police !

Ils parlèrent ainsi pendant de longues minutes, se chamaillant, rigolant fort, dans la lumière du matin. Seul Ethan restait silencieux, fixant un point invisible de tous. L’ai inquiet, il ne bougeait plus.

– Et bien alors? Ethan? Hé ho! Tu nous entends ?
– Toujours dans son monde, comme d’habitude ! Ca doit pas être facile de le tirer de ses rêveries pour se mettre à courir, hein, John?, interrogea Joshua.
– Ha ha! J’avoue que parfois, je suis à deux doigts de lui en foutre une pour aller plus vite en besogne! Attends, tu vas voir…

John se plaça alors face à notre rêveur, alluma une cigarette et lui cracha la fumée au visage. Ethan détestait cela (qui aimait ça, d’ailleurs ? ) et était farouchement opposé à la consommation de tabac.

– AAAAAH ! Keuf keuf ! Put…AAAh ! John ! Sale enflure ! Qu’est-ce que tu fous ?
– Je te ramène dans le monde réel, mon gars ! A quoi tu pensais ? Tu avais l’air soucieux !
– Et bien…j’ai faim !
– Quoi ? , s’esclaffa Christopher. C’est pour ça que tu tires une tronche pareille ?!
– On ne le changera pas après tout! Sacré Ethan!, constata Joshua.
John annonça :
– Allez, on va chez Jamie ! Elle a décidé d’ouvrir tôt le matin pour les gars qui bossent de nuit ! A nous les pancakes et le café à volonté !
Et Ethan d’ajouter :
– Super ! J’adore ses donuts !
Quand on parlait nourriture, il était toujours de la partie.

Ainsi, nos quatre chevaliers « errants » se mirent-ils en route, fatigués mais contents de se retrouver ensemble pour partager un petit-déjeuner bien mérité.

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